09 novembre 2009
Il y a vingt ans, la liberté
Lorsque Günter Schabowski,
porte-parole du gouvernement d’une république Démocratique au bord de la ruine, annonce, en cette soirée du 9 novembre 1989, que les lourdes restrictions jusque là imposées aux déplacements des citoyens vers la république Fédérale sont levées, le monde assiste, incrédule, à la chute du Mur de la Honte, verrue défigurant Berlin tout autant que symbole de l’absurdité d’un système intenable autrement que par la répression. Construit en août 1961, déjà pour prévenir l’hémorragie humaine et l’effondrement économique de la R.D.A., le « Mur de protection antifasciste », comme l’ont nommé de façon très orwellienne les dirigeants communistes, aura divisé, pendant 28 longues années, l’Allemagne et, symboliquement, l’Europe. Mais sa chute n’est que l’aboutissement logique du tourbillon qui emporte l’est du continent en cette année 1989 : face au démantèlement en septembre 1989 du Rideau de Fer par le gouvernement hongrois, qui provoque ainsi la ruée de dizaines de milliers d’Allemands de l’Est vers la république Fédérale, face aux manifestations toujours plus importantes de citoyens réclamant du changement et rappelant aux satrapes du S.E.D. par leur slogan « Wir sind das Volk ! » que le régime, depuis longtemps, n’a plus rien de populaire, et face à la nouvelle donne gorbatchévienne, qui, partout, impose sa perestroika dans l’Empire, la R.D.A. du vieillissant et très orthodoxe Honecker doit évoluer, ou couler. Tout s’emballe, et la pompeuse et communiste célébration du 40ème anniversaire de ce pays artificiel en octobre 1989 n’y changera rien. « L’Histoire punit ceux qui sont en retard » souffle Gorbatchev à Honecker, qui est éjecté le 17, et remplacé par Egon Krenz. En accord avec Moscou, des élections libres sont annoncées, le rôle dirigeant du S.E.D. aboli (et par là même, la raison d’être de la R.D.A.) et, donc, les restrictions sur les voyages levées. Le 9 novembre, le Mur tombe devant les sinistres VoPo et le monde médusés. Moins d’un an plus tard, le 3 octobre 1990, le peuple allemand proclame sa réunification. L’est du continent s’est débarrassé du joug du totalitarisme communiste et a recouvré sa liberté. Les Européens se sont, enfin, retrouvés.
De la part de Hugues
20:00 Publié dans commémorations et anciens combattants, L'Europe et nous, sujets d'actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : berlin, allemagne, europe, mur de berlin, anniversaire mur



Commentaires
Le mur je l'ai vu peu avant sa chute pendant un voyage d'étudiants et j'avais été très impressionnée par le no mans land qui le longeait avec des "vides" dans la ville, des terrains vagues de boues...alors que Berlin Ouest grouillait de vie et de projets. Mais c'était une ville sous "oxygène" de l'Allemagne de l'ouest qui envoyait des tonnes de vivre chaque jour de l'année par air. Car Berlin ouest était un îlot dans l'Allemagne de l'est partagé entre les 3 vainqueurs : Amérique, France et Angleterre. Je me souviens qu'avec un ami, on avait intégralement renouvelé notre garde robe dans Le grand magasin de Berlin est pour quelques marks.
Écrit par : Tosca | 09 novembre 2009
C'est vrai le mur est tombé mais les mentalités, elles, ont bien changé. Les Allemands de l'Est n'ont pas la superficialité de ceux de l'Ouest d'où un fossé que seules les générations nouvelles sauront effacer. Les Allemands de l'Est ont payé le prix de la reconstruction alors qu'à l'Ouest non. L'incompréhension est de taille tant et si bien que les Turcs ont plus d'attrait pour un Allemand de l'Ouest. Ce qui est bien étrange car pour un Allemand, la frontière allemande s'arrête là où l'on arrête de parler la langue allemande. Ce qui lui donne la part du lion lorsque l'on voit en France que nous avons des langues régionales que nous avons plaisir à défendre puisqu'elles font parti de notre patrimoine.
Écrit par : BERBATI | 10 novembre 2009
Concernant la Perestroika, je me souviens d'un dîner auquel j'assitais au Toit de Paris à l'hôtel Niko. Un délégué de Gorbatchev devait nous expliquer ce qu'était dans le concret la Perestroika. J'étais à la même table que l'ambassadeur des Pays Baltes. Après son discours prononcé, il y eu des questions et je me rappelle bien des sifflets et autres manifestations de désaccord de nos français. On voulait nous faire croire que l'Allemagne de l'Est était un état totalement indépendant et que le bloc soviétique n'avait jamais fait de commerce avec. Cela a eu le mérite de faire sourire ce pauvre ambassadeur qui arborait un regard si intelligent.
Écrit par : BERBATI | 10 novembre 2009
Je me souviens aussi que malgré le luxe de la ville de l'ouest, j'avais surtout l'impression que toute la culture et l'histoire, (le coeur de la ville) était à l'Est et tout cela était comme gelé mais encore là.
Écrit par : Tosca 2 | 16 novembre 2009
@Tosca 2 : souvenirs, souvenirs... la culture était restée figée, tu veux dire que le bâtiment des Beaux Arts (l'ancien musée ?)à l'est, si mon souvenir est exact, était encore détruit, totalement noir de suie comme au lendemain d'un bombardement. Cette vision était incroyable. Rien à voir avec la cathédrale de Berlin ouest dont le clocher écroulé ressemblait à une belle ruine bien entretenue. Tosca
Écrit par : Tosca 1 | 16 novembre 2009
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