16 juin 2010

La propreté fait débat

J'adhère à l'analysephoto-poubelle2_308.jpg du post du 9 juin sur les problèmes de propreté spécifiques de l'arrondissement. Toutefois, pour avoir parlé aux services de la propreté du 20ème, les actions mises en œuvre  s'avèrent relativement importantes. Ainsi, dans ma rue située entre Haxo et Porte des Lilas, les services passent TOUS LES MATINS. Et tous les soirs, c'est encore et toujours constellé d'ordures en tous genres: encombrants, sacs, canettes, traces d'urine, bouteilles de verre dans le jardin, etc.  Je ne sais pas vraiment quelle est la bonne méthode, mais une chose est certaine, c'est que rien ne changera tant que les riverains et toute personne de bonne volonté ne se prendront pas par la main pour changer leurs quartiers : la saleté, c'est une nuisance, comme les nuisances sonores et l'insécurité, toutes trois étant, comme c'est le cas dans ma rue, assez souvent provoquées par les mêmes personnes. C'est le propre des collectifs de plus en plus nombreux qui se créent : collectif pour un quartier zen, à O. Métra ; des deux villas, à Dury Vasselon et Gagliardini, dont l'objectif est justement de faire prendre conscience aux gens que s'impliquer dans leur quartier pour le faire changer et ne plus être un simple spectateur est la clef de tout. Encore une fois, et pour reprendre les termes des responsables de la propreté, il arrive un moment où les actions ne peuvent être renforcées tant elles sont déjà lourdes. Laisser son quartier propre, c'est D'ABORD l'affaire de chacun d'entre nous. C'est une simple question de respect d'autrui et de civisme. Dommage que nombreux soient ceux qui n'en font aucunement preuve dans le 20ème. Tout cela, j'en suis convaincu, provient d'années de laisser aller et de déresponsabilisation (le fameux "ils ont qu'à embaucher" ou "je paye des impôts alors y'a qu'à", ou le simple j'm'en foutisme). Et le problème de notre arrondissement, c'est sa très nombreuse population : il existera toujours un certain nombre de gens, aussi faible qu'il soit, qui ne vivent que pour eux-mêmes et qui se complaisent à pourrir la vie des quartiers et se comporter en vulgaires sans-gênes. Peu, en effet, sont nécessaires pour dégrader le cadre général d'un environnement donné et réduit. Pourtant, des gestes civiques, ce sont des économies faramineuses qui peuvent être ainsi faites sur les budgets publics. Et en ces temps de crise, ce n'est pas du tout négligeable.

Merci pour ce nouveau témoignage, dont je retiens que la propreté c'est l'affaire de tous.

Commentaires

Je vois deux solutions à ce problème de propreté:
1. la verbalisation effective des semeurs d'ordures;
2. un geste quotidien pour la propreté: voir une personne ramasser une canette, un papier qui traîne, et le mettre à la poubelle a une vertu de pédagogie par l'exemple.

Écrit par : ParisXXe | 19 juin 2010

En ce qui concerne le problème de l'action des autorités municipales, plus ça va, et plus je me demande si, en ce qui concerne la sécurité et les forces de l'ordre en général, il ne serait pas temps, enfin, de doter Paris de sa propre police. L'argument que l'on objecte toujours, sans véritablement l'avouer, est celui de l'Histoire: Paris est frondeuse, et plusieurs fois la capitale a menacé le pouvoir, ce qui justifie que les forces de l'ordre relèvent de l'autorité de l'État via son préfet. Situation purement archaïque et anachronique, révélatrice d'un jacobinisme étriqué et du manque flagrant de confiance que le centre accorde aux collectivités territoriales. Car enfin, nombreuses sont les villes du monde qui disposent de leurs propres forces de l'ordre, et sans que cela ne pose plus de problème que lorsqu'elles sont contrôlées par le centre.
On pourra toujours prétendre qu'aucune situation n'est plus idéale qu'une autre, que chacune dispose de ses avantages et inconvénients. Certes, on peut toujours débattre et discuter de l'opportunité d'un choix ou de l'autre. Mais, enfin, nous sommes en 2010, dans une France moderne, où la démocratie et la mentalité démocratique se sont durablement enracinées, même si nous avons tendance à exprimer nos désaccords en défilant dans la rue plutôt qu'en débattant au Parlement. Il faut donc arrêter de penser que donner le pouvoir au Maire de Paris lorsqu'il est question des forces de l'ordre reviendrait à menacer l'État et la survie de son gouvernement. Surtout, je vois un avantage assez évident en pareille organisation: la fin de l'argument éternellement invoqué lorsque les autorités municipales sont interpellées sur le sujet: celui consistant à botter en touche en invoquant son incompétence. Ipso facto, la responsabilisation, et l'intérêt porté par lesdites autorités à la situation parfois dramatique que vivent certains quartiers s'en trouveront...renforcés: il faut bien être réélus.

Écrit par : Hugues | 19 juin 2010

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