11 novembre 2011
11 - 11- 2011
Dépôt de gerbe pour le Souvenir Français avec Laure, 7 ans, et Colette.
Nous voilà sur la route, au milieu d'une foule de soldats. Il pleut, nous sommes assis dans la boue, mais nous restons là. Et il fait nuit noire lorsque nous rentrons enfin à la popote nous réchauffer un peu. Le 10 novembre, on attend encore en vain. Et le 11, nous apprenons que le ministre est passé dans la nuit, et que l'armistice va être signé. Le soir, dans les rues et sur la place de Guise, on s'écrase. Il faut jouer des coudes. Dans la nuit noire on ne voit que les lueurs de cigarettes. A un moment il se produit un remous, et on entend un commandant crier :
- un peu de gaité, voyons les gars ! Nous sommes vainqueurs nom d'un chien ! Tâchez donc de trouver des bougies et des lanternes, nous allons faire une petite retraite aux flambeaux.
Et le voilà parti en avant, chantant la Madelon. Le mot de la fin est crié par un type à côté de moi :
- Tu parles d'un armistice, y a même pas de pinard !
Malgré le cessez-le-feu, les blessés continuaient à arriver. Les Allemands avaient piégé quantité d'objets qui sautaient lorsqu'on les touchait. Enfin l'ordre arriva d'évacuer tous les blessés transportables, alors il n'en resta que quelques uns, dont un que je n'oublierai jamais. C'était un officier allemand, grand, racé, intelligent. Il parlait français sans aucun accent. J'aimais bavarder avec lui pendant que nous lui faisions son pansement.
Extrait de "J'étais médecin dans les tranchées" de Louis Maufrais
23:44 Publié dans commémorations et anciens combattants, sujets d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : armistice, grande guerre, poilus, 11 novembre, soldat inconnu, militaire, paix



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