15 juin 2010

Mairie de Paris : Economies de bouts de chandelles au détriment des plus faibles

Mardi dernier,enfant-handicape-bl--bsip_125231440085458300.jpg la majorité rouge-rose-verte du Conseil de Paris a adopté une réforme des aides sociales attribuées par la Ville et, en l’occurrence, l’Allocation de Soutien aux Parents d’Enfants handicapés (ASPEH). Créée en 1988, cette allocation de 153 € mensuels était initialement versée de façon indifférenciée, quel que soit le nombre d’enfants concernés par famille, et, depuis le 1er avril 2005, au titre de chaque enfant handicapé, quelles que soient les ressources du foyer. C’est ce point qui vient d’être revu. Désormais, l’ASPEH sera attribuée sur la base du même plafond de ressources que celui relatif au versement de l’allocation Paris Logement Familles (P.L.F.), à savoir 5 000 euros pour une famille de 3 enfants ou plus. “Simple mesure de justice sociale” selon l’adjointe de M. le Maire chargée du handicap, pour qui seules 550 familles seront ainsi concernées, dont 239 déclarent un revenu mensuel d’au moins 7 600 €. L’opposition dénonce, avec raison, ce scandale, car être parents d’enfant/s handicapé/s conduit à des contraintes énormes, tant financières que psychologiques, dans une ville où la cherté de la vie peut atteindre des proportions impressionnantes. La mairie, comme à son habitude, présente la réforme comme étant motivée par un souci de plus grande justice sociale et de recentrage des aides envers les familles à bas revenus. Si l’action municipale rose-verte dit connaitre la justice sociale, elle ignore la solidarité. Un enfant handicapé dans un foyer nécessite un soin de tous les instants, et des sacrifices énormes tant pour les parents que pour la fratrie. Or la municipalité ne peut l'ignorer, les structures d'accueil manquent cruellement. Certaines familles trouvent parfois une place en Belgique, où les structures sont plus nombreuses, pour que leur enfant s'éveille et soit socialisé. Mais si en réalité la mairie cherche à faire des économies, plutôt que de s’en prendre à des familles dont cette aide restent ô combien nécessaire, peut-être serait-il plus judicieux pour M. Delanoë de tailler dans ses faramineuses dépenses de communication, qui n’ont cessé d’exploser depuis son accession à la tête de la ville.

17 mai 2010

Journée de la tolérance

1192460100467gay1gd.jpgAujourd'hui lundi 17 mai, c'est la journée mondiale contre l'homophobie, une journée pour la tolérance et contre le racisme envers les homosexuels et les transsexuels, une journée pour le respect de la dignité de chacun. Cela a l'air facile couché sur le papier, mais en réalité ce combat est loin d'être gagné. Il y a dix jours, deux jeunes comédiennes trans ont été agressées sur les hauts de Belleville. Cela a provoqué une vive émotion, et la maire a appelé au rassemblement d'une petite manifestation où nous étions présents. Nous voulons dénoncer ces faits inacceptables, car la banalisation de la brutalité est un fléau. Nous avons voulu attirer l'attention de la municipalité sur l'installation d'un nouveau squat avec trafics de stupéfiants, ce qui rend le quartier violent et dangereux pour toutes les catégories de la population. Le quartier est inquiet, l'insécurité est quotidienne. Restons mobilisés.

24 avril 2010

Les retraites du "baby boom"

Après la guerre,retraites1.jpg les Français ont fait des enfants qui ont travaillé (chômage quasi inexistant) lors des trente glorieuses. La France s'est enrichie et considérablement modernisée. Ces enfants ont grandi et prennent maintenant leur retraite. Normal. Mais le "baby boom", c'est 30% d'individus supplémentaires ! Les chiffres sont là pour nous le rappeler. En 2010, un quart de la population (16 millions d'individus) est à la retraite et le déficit du coût des retraites est de 32 Md €, pour une pension mensuelle moyenne de 1400 €. A cela s'ajoute l'espérance de vie qui a augmenté de deux ans (hommes et femmes confondus) ces dix dernières années. Ce gain de vie sympathique, c'est autant d'années supplémentaires à financer... Notre système de financement repose sur le principe de la solidarité entre les générations, car les actifs cotisent chaque mois pour la retraite de leurs ainés (répartition). Or curieusement nous sommes le pays européen où l'âge de la retraite est le plus tôt : 60 ans. Cet acquis social est important, mais s'ajoute également au coût de financement ! Alors qu'aujourd'hui 1,8 actifs financent 1 retraité, (ils étaient 4 pour un retraité en 1960), ils ne seront plus que 1,2 en 2050 et les prévisions de déficit seraient de 100 Md € ! La quadrature du cercle ! Seule certitude : il faut agir et c'est urgent. Faut-il baisser le montant des pensions mensuelles ? Faut-il augmenter les cotisations des actifs ? faut-il reculer l'âge de la retraite ? Faut-il changer le régime par répartition ? Autant de questions qui méritent le débat et tout mettre à plat pour pouvoir trouver une solution sur le long terme.  Pour échanger et débattre avec des experts, Eric Woerth lance les "mercredis de la retraite" tous les mercredis à 18h30. Vous pouvez suivre les débats en direct.

11 avril 2010

Katyn, lieu de souffrance de la Pologne

Soixante dix ans aprèskatyn-memorial.jpg, le destin rejoint l'Histoire à Katyn. Le massacre de l'élite militaire polonaise ordonné par les Russes (et dont l'Allemagne nazie a longtemps été accusée) avait eu lieu à Katyn au début de la 2nde GM. 22 000 officiers ont été assassinés sur ordre de Staline. Le président polonais Lech Kaczynski se rendait aux cérémonies de commémoration avec une partie de son état major et bien sûr tous les hauts gradés de l'armée. Ils ont péri dans l'accident d'avion survenu au moment de l'atterrissage. Cette commémoration était unique car pour la première fois, le premier ministre russe, Poutine, dans un signe d'ouverture très symbolique, devait assister aux cérémonies. Il constatera sur place la tragédie aérienne. Tout comme le frère jumeau du président défunt, et chef du parti PiS. La Pologne souffre à nouveau sur ce lieu martyr de son histoire. Nous partageons l'immense peine de la Pologne et de son peuple, qui ont souvent partagé le destin de la France, et dont beaucoup de Français sont originaires. Nous nous sentons bien petits face à une tragédie de cette ampleur.

Photo : le mémorial de Katyn

08 mars 2010

La Femme est l'avenir de l'Homme

Le poète romancierimages.jpg Louis Aragon s'exprimait ainsi. Jolie phrase pour saluer la 100e journée de la femme. Le Premier Ministre a déclaré il y a quelques jours que la lutte contre les violences faites aux femmes recevait le label "grande cause nationale en 2010". Il doit annoncer des mesures pour lutter contre ce fléau dont il faut prendre conscience. Rappelons les faits et les chiffres : en 2008, ce sont 156 femmes qui ont péri sous les coups de leur conjoint en France. Près de 700 000 ont été victimes de violences ces deux dernières années. Des femmes, que l'on côtoie tous les jours, des voisines, des collègues, des sœurs ou des nièces sont en danger, mais le sujet reste tabou. Il est nécessaire, dans notre pays civilisé, de dénoncer ces faits et de dire tout haut qu'il y a un problèmes de droit des femmes. Au delà des violences et localement on voit que le droit des femmes perd du terrain : suppression du service IVG à Tenon et du planning familial. Il est urgent de se mobiliser aussi pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, pour la reconnaissance des femmes dans le milieu politique et leur place, pour l'accès des femmes aux conseils d'administrations des grandes entreprises... D'une façon générale, le chemin est semée d'embûches pour les femmes dans la sphère du pouvoir. Que de chemin parcouru depuis Olympe de Gouges qui déclarait pendant la révolution "la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune", comme le droit de disposer de son salaire (1907) jusqu'au droit de vote (1944) et la loi Veil autorisant l'IVG (1974). Que de chemin à parcourir encore pour que la société ait autant d'égard et de respect vis à vis de la gente féminine que la masculine. Le droit des femmes est toujours un sujet d'actualité. Vive les femmes !

05 mars 2010

Aidons le café social

DSC_0184_01.JPGIl y a une semaine les amis et les voisins du café social occupaient la rue, à Couronne, pour démonter leur soutien au café social et leur détermination à le voir occuper la place qui lui revient dans le quartier de belleville, toute sa place. Près de 200 personnes sur le pavé pour écouter le président dénoncer les attaques à répétition dont le café est victime, marque d'une délinquance latente, et le ras le bol général de ce climat. Les adjoint(e)s de la maire avaient fait le déplacement pour l'occasion. Avec des amis du quartier, nous avons voulu marquer notre solidarité avec une institution qui œuvre pour les immigrants vieillissants et qui ont besoin de soutien et de chaleur, comme lors de nos visites précédentes. Qu'avait-il à voler dans le café social le soir de la dernière agression ? Rien de bien précieux, ce n'est pas une banque. Il n'y a pas de fortune à dérober au café social, la seule richesse, c'est celle du cœur.

16 février 2010

L'épineux problème des retraites

En mars 1982,retraite_4.gif le président Mitterrand impose le départ à la retraite à 60 ans au lieu de 65 ans. Depuis quelques années cet acquis social prend des airs de bombe à retardement : la démographie et le vieillissement de la population entraînent une prise en charge des retraités de plus en plus longue et de plus en plus couteuses par les travailleurs actifs. La réforme est inéluctable bien que douloureuse. Elle concerne tout le monde, si bien que Martine Aubry, en janvier dernier, a eu des mots responsables en proposant de s'attaquer à cette "réforme juste, qui va dans le sens du progrès social et règle un vrai problème" en évoquant le recul de l'âge du départ à la retraite*. Nicolas Sarkozy a reçu lundi les partenaires sociaux pour entamer les discussions et ouvrir les négociations. Il m'a semblé bien décidé à ne pas reculer tout en ne voulant pas passer en force : "Je veux un débat approfondi...qui prendra le temps qu'il faut". Les négociations, qui débuteront début avril, prendront du temps, en espérant que le plus large consensus possible voit le jour pour une grande réforme prévue mi 2010. Le premier ministre a affirmé que ce "n'est pas une question taboue" après avoir réussi à allonger la durée de cotisation par la "loi Fillon sur les retraites" en 2003. En augmentant d'un trimestre tous les ans depuis 2008, il faudra 41 ans de cotisations en 2012 pour obtenir une retraite à taux plein. Le premier ministre s'était aussi attaqué à l'alignement des salariés du public sur ceux du privé, en terme de durée de cotisation.

 

* désapprouvée dans son propre camp, elle a fait "marche arrière toute !" assez rapidement. Dommage. Campagne des régionales oblige.

 

13 février 2010

Ilan Halimi : ne pas oublier

Cela fait ilan-halimi.1242594636.jpgquantre ans que le jeune Ilan Halimi a été retrouvé agonisant près d'une voie ferrée, après avoir été torturé dans une odieuse affaire à dimension antisémite. Pour ne pas oublier et pour que la révolte reste intacte dans le coeur des citoyens parisiens face à l'insoutenable, le conseil de Paris a voté à l'unanimité un voeu pour qu'un lieu soit dédié à Ilan. Il vivait dans le 12e et travaillait dans le 11e. Ce lieu devrait être choisi dans l'un de ces deux arrondissements : "un lieu de vie" un lieu où circulent les gens, les enfants, pourquoi pas un jardin ? Par ce geste, la ville de Paris réitère son intransigeance face au racisme et l'antisémitisme et toutes les formes d'intolérance et de rejet de l'autre. Nous vivons dans une République qui a des valeurs : celle du respect de l'autre en est un des fondements.