30 janvier 2009

Impasse sur le logement social

arton1421_m.jpgLors de son compte rendu de mandat du 28 janvier 2009, Bertrand Delanoë s’est indigné que les maires d’arrondissement UMP demandent un droit de veto sur les préemptions de la ville de Paris destinées à créer des logements sociaux. Selon le maire de Paris, l’UMP serait allergique aux logements sociaux… Cela prête à sourire quand on sait que 40% des logements sociaux du XXème arrondissement ont été mis en service entre 1975 et 1989, c’est-à-dire quand la droite était au pouvoir à Paris (Paris XXIème siècle, APUR).

Si la politique de logement de Bertrand Delanoë était si extraordinaire, comment expliquer que les demandeurs de logements soient passés de 91 000 en 2001 à 110 000 en 2008 ?

La solution-phare de Bertrand Delanoë, c’est la préemption, c’est-à-dire le rachat d’immeubles déjà existants. Cette solution permet de faire du chiffre… Il est évidemment beaucoup plus long de construire des nouveaux logements que de les racheter.

Simplement, cette politique revient à déshabiller Pierre (le parc de logements privés) pour habiller Paul (le parc de logements sociaux)… Comme on retire des logements du parc privé, on accroît les tensions sur les prix . OrP aris est l’une des seules villes à ne pas connaître de baisse de l’immobilier. La hausse des prix profite à la ville de Paris qui en tire une partie de ses recettes (les droits de mutation qui sont passés de 400 M€ en 2001 à 900 M€ en 2007). Pour autant, n’est-il pas opportun d’accroître le patrimoine des bailleurs sociaux de la ville ? En ce moment… certainement pas ! C’est même un formidable gâchis d’argent public, puisque les bailleurs sociaux rachètent des logements au moment où le marché immobilier est plus haut… Il serait beaucoup plus opportun de conserver ces capacités d’investissement pour une période où l’immobilier aura baissé et où, pour les mêmes sommes investies, il sera possible d’acheter plus de logements… Pour la mandature actuelle, le vrai intérêt de cette politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes du logement, mais de modifier la sociologie des quartiers pour qu’elle soit plus favorable à la gauche… Si on veut pouvoir loger les demandeurs de logements, la seule politique efficace, ce n’est pas la préemption, mais la construction... D'où l'intérêt d'un vision globale à l'échelle de la région capitale.

article de Laurent sur un sujet sensible